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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 12:18
« La canne de Provence » est le nom qu’on me donne !
J’ondule, nonchalante, au milieu de mes sœurs
Les pieds nus dans la ronce ignorant mes douleurs
Voilà longtemps déjà que l’homme m’abandonne…

Or l’on me convoitait, jadis, comme personne !
Pour un toit de canisse on vantait mes douceurs
Et pour l’anche fragile aux instruments joueurs
Il fallait me chérir du printemps à l’automne !

Ô le vent dans mon dos ! Ô le cœur de la mer !
Qui vire et me chavire et pour autant me berce,
Que l’effluve du sel me grise à tout jamais !

Si ce lointain passé me laisse un goût amer,
Je veux lui pardonner. Le corps à la renverse,
Je garde en souvenir ce pays que j’aimais.



ER février 2007.

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 16:08
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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 11:44

Je redoute déjà cette fin de semaine
Quand ma fille de seize ou dix-sept ans à peine
Me dira doucement : "Papa, je veux te voir...
Est-ce que je pourrais dormir chez lui ce soir ?

Puisqu'il faut que cette heure un jour ou l'autre arrive,
Oh ! Puisqu'un père est comme un arbre que l'on prive
De garder les fruits mûrs que sa branche a portés,
Puisqu'il faut se résoudre à perdre ces beautés,
Alors dans la seconde où viendra le silence,
Bien sûr sans lui montrer ma terrible souffrance,
Je serrerai les poings d'un chagrin inouï
Et mon cœur abattu dira simplement "oui"...

                                                                                   25 Octobre 2005


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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 11:38

Six heures du matin, le réveil se déchaîne
Et c'est depuis deux ans le même rituel ;
J'ouvre à peine les yeux, d'un geste habituel,
J'éteins ce fou qui hurle et me rend incertaine.

Ma tête est encor lourde et mon esprit brumeux,
Ma respiration est encor hésitante
Et j'ai dans la poitrine une masse oppressante,
Une sorte de poids angoissant, nuageux.

Six heures du matin, l'hiver est difficile
Et l'horloge m'a mis son cadran assoiffé
En face de la table où je bois mon café :
Je le fixe, je pense et je reste immobile...

Je pense à cette époque où sur le bord de mer,
Mon frère et moi faisions de grands châteaux de sable,
Je pense à mon école, à mon petit cartable,
A notre appartement qui nous était si cher !

Je pense à mon enfance et je pense à mon père
Qui nous a laissés seuls du jour au lendemain ;
Le divorce, l'huissier, son travail inhumain,
Aux meubles qui s'en vont, aux larmes de ma mère.

Ma mère qui parvint à trouver un logis
Pour vivre dignement seule avec ses deux gosses,
Le secours populaire et les hivers précoces :
Il fallait éviter de faire du gâchis !

Je pense à mes amours de jeune adolescente,
A ma première fête, à mon premier baiser,
A ces halos de sang venus se déposer
En cercle sur mes draps par une nuit tremblante.

Je pense à nos secrets de filles, aux garçons
Qui nous draguaient toujours en nous contant fleurette
Au bahut, où chacun fumait sa cigarette
Au moment de la pause à côté des buissons.
Je pense à ce fameux printemps, en terminale,
Quand nous étions devant les résultats du bac ;
L'attente, le tableau, le cœur qui bat, le trac,
Et notre cri de joie à l'annonce finale !

Après, j'étais quasi certaine d'avancer,
Après je désirais poursuivre mes études,
Mais moi je n'avais pas, car ces temps-là sont rudes,
Les moyens de survivre et de les financer...

Et je pense à ce jour où calme et résignée,
Je suis venue ouvrir, dans le quartier voisin,
La porte d'un bureau de ce grand magasin ;
Mon sentiment amer en serrant la poignée...

Je reprends mes esprits ; les deux doigts du cadran
Ont à peine changé leur misère de place,
Le vent souffle dehors et brandit sa menace,
L'hiver sera toujours un terrible tyran !

Mon café, presque froid, dans son œillet trop sombre,
Comme un rêve qui meurt, a l'air de vaciller,
Comme ma vie aussi quand je vais travailler
Et que les souvenirs me suivent comme une ombre !

Je vais prendre mon poste et je ne dirai rien,
Les clients me verront aimable et souriante,
Je rêverai toujours la vie étudiante,
Et ce rêve demeure un fragile soutien.

On ignore mon nom ; de derrière ma caisse,
D'où je ne peux plus voir la lumière du jour,
Je me surprends parfois à songer à l'amour
Et tombe dans l'oubli quand le rideau se baisse !


         25-26 Août 2005

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 12:32

A tous les visiteurs de ce blog.

Après que mon camarade vous ait exposé le but poétique de notre association , il convient de vous résumer le plus précisement possible, et sans se perdre dans la longueur, quelle est notre conception de la poésie. La poésie n'est pas l'apanage de ceux qui se pensent célèbres, elle n'appartient à personne. Ceux qui imaginent que les poètes sont la plupart du temps des dépressifs d'un autre temps se trompent terriblement. La poésie est avant-tout une passion: amour des mots, amour de la langue, amour de la création. Mais, en 2007, dans une époque où l'individualisme est par la force des choses, nous dit-on, le seul comportement de survie, la poésie est d'abord un lien indéfectible qui unit ceux qui la pratiquent : c'est de l'énergie en puissance, un moyen de communication entre ceux qui sentent en eux le besoin de donner corps à leur instinct, d'exprimer leurs sentiments lorsque la voix ne suffit plus ou lorsque plus personne ne semble être capable de l'entendre.

Je sais à quel point la solitude est quelque chose d'atroce tout en apparaussant nécessaire pour s'élever, je sais le désespoir qui peut s'emparer de l'esprit quand on est dans une période de sa vie dont tout le monde dit qu'elle est incertaine. A tous ceux-là, jeunes ou moins jeunes, je veux leur dire qu'ils et qu'elles ne sont pas isolés, que nous sommes tous, et de façon égale, membres d'un cercle qui n'est pas fermé et qui au contraire s'enrichit de chacun. Les créateurs de cette association ne sont pas plus  mélancoliques que le reste du monde, nous ne sommes pas des doux rêveurs vivant dans une utopie insensée ; en revanche, nous sommes persuadés que la poésie peut donner accès une solidarité particulière, et que la relation qu'elle crée peut apporter beaucoup de bien. On peut parler de sujets modernes en faisant de la poésie rimée dans les règles de l'art : on peut exprimer ses sentiments, se mettre à la place des autres, parler de tout et de rien avec des phrases à la fois simples et belles. Il est possible d'évoquer le chômage, la nature, la misère, l'incertitude, l'amour, l'espoir et le désespoir, le passé et l'avenir, la vie et la mort, sans tomber dans la désuétude, le pessimisme ou le pompeux. Je tiens à vous dire à tous que la poésie est un cri d'amour, un océan de tendresse, et même si ce qu'elle exprime peut parfois paraître triste, derrière son message se trouve toujours un appel des émotions profondément humaines.

 La poésie tend à l'échange, à la communication ; elle aspire à la compréhension de l'autre. Ne croyez pas tous les clichés qui insinuent que la poésie est dépassée. "Paroles d'Auteurs" est née parce que nous avons décidé de démontrer qu'au vingt et unième siècle, au milieu du chaos apparent de l'humanité, se parler, se comprendre, se découvrir et s'aimer à travers une poésie à la fois moderne et classique, demeurait le plus beau regard qu'un être humain pouvait adresser à un autre.

 

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 11:19


Dans mon chalet bâti de cèdres et de pierres,
Comme un gîte agréable après un long parcours,
Rien ne change beaucoup ; les bois et les velours
Ont gardé leur éclat sous les fines poussières.

Aujourd’hui notre ville est pleine de faussaires.
Vous voulez vous sauver ? Je vous porte secours !
Partons au matin tôt, cachons-nous quelques jours,
Devant l’âtre brûlant dormons des nuits entières !

Lorsque j’étais enfant souvent je méditais
Si mon nom avait pu se changer en Roscoe,
Si j’étais né en mil huit cent quatre vingt onze…

Nous étions innocents et tu me promettais
De mélanger nos voix et nos corps en écho
Comme deux cœurs moulés dans l’amour et le bronze.

ER (décembre 2006).

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 10:52

L'association Paroles d'Auteurs a été créée en octobre 2006 par Emmanuel Rastouil et Yannis Sanchez.

Elle a pour but d'aider techniquement les nouveaux auteurs à éditer leur première oeuvre de poésie, nouvelle ou roman.

Nous sommes deux jeunes poètes passionnés de littérature et de poésie qui n'avons pas trouvé, dans le brouillard d'associations, d'imprimeurs ou d'éditeurs de revues ou de livres, un lieu où nous abriter, des personnes qui partagent notre amour pour la versification classique et qui souhaitent redorer le blason d'une poésie déchue.

Nous voulons oeuvrer pour sa réhabilitation dans le respect des règles de prosodie, de versification, certains que ces formes sont un écrin pour élever une poésie et une prose qui se veulent modernes, novatrices et impliquées, le miroir de notre temps, nos émotions, nos doutes ou nos espérances.

Tous ceux qui partagent cette même passion et souhaitent agir dans le même esprit sont les bienvenus.

 

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