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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 09:06

 

testament-15-couv-promo-OK.jpg

Lecture gratuite!

 

 

 

Edito

 

 

Deux formed'attention au monde semblent prévaloir chez l'être humain. L'une préemptive, saisissant toute chose à partir de son savoir ou de son intérêt, et l'autre réceptive, « où tout ce qui est vu, entendu, vécu, dans sa potentialité, est dans l'écoute » (J. Klein). Cette seconde forme est pour le poète, et pour l'artiste, ce don du regard, où ils laissent parler l'objet.

 

Il y a ce qui arrive du poème, du trait et de la couleur, de l'image, comme de la vie, et nous renvoie à nous-mêmes, à l'Infini qui nous traverse, dans la lumière du corps, dans l'énergie du mot, du geste, du silence. Il y a en nous ce qui arrive de l'univers, par le chant de joie et le chant des larmes, par la danse du souffle et celle du rêve.

 

Ainsi « J'écris parce que j'aime disparaître » révèle le titre de l'un des poèmes de Claire Ceira, « Le poème se consacre à la ponctuation de l'espace et du temps » est-il dit dans celui de Antoine Simon, « Le feu est à l'intérieur, n'attend que le balisage d'une 'Zone d'expression poétique' témoigne dans son vibrant éloge des Pompières Poétesses.

 

Ainsi « Voilà où j'en suis/ où tout commence » pour Hervé Pizon,et « Que l'Infini se manifeste et retourne à lui-même est ta respiration » pour le narrateur de Ivan Dmitrieff, « Des phrases choisissent des mots au hasard en vue d'orthographier la volonté d'un nombre libre » pose Philippe Jaffeux dans l'éclair de l'un de ses 'Courants', « Ouvrir dans la phrase/tous les espaces du sens » met en page Germain Coupet.

 

Ainsi « Entrez dans la danse » nous invite le premier collage de Emmanuelle Malaterre, inspiré de Matisse, de même, « Le temps fuit , la mort le suit » prévient Cédric Lerible dans son texte issu d'une performance sur la situation des centrales atomiques, « A moins que ce ne soit autre chose » comme le dit Renaud Piermarioli à la fin de chaque commentaire poétique qu'il fait de photographies issues de l’œuvre de Robert Doisneau.

 

De même, les roses tombent des cieux « avec le parfum des rêves » dans lepoème de Yves Miséricordia, et « La fleur parfaite » dePaul Antoine « picore des graines semées par l'ardeur du cosmos », tandis que dans ses « Petits poèmes brisés », Emmanuel Rastouil nous parle de cette souffrance de la séparation dont l'épine fourrage la chair.

 

Ainsi le poème joue-t - il ce qui en nous sépare, ce qui en nous cherche, et exprime la vie qui nous traverse. Ainsi fait-il apparaître par nos sensations, nos émotions et nos pensées, cela même qui dévoile notre originelle liberté.

 

 

Ivan DMITRIEFF

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:57

couv-promo-copie-1.jpgLecture gratuite!

 

 

ÉDITO en noir et blanc

 

Treize n'est pas resté raide ! Le Testament n'en a pas fini de faire son numéro. "Vous allez m'aimer" hurle-t-il à qui veut l'entendre... Plus vous le feuilletez, plus il se démultiplie en "phrases maintes fois tournées"... Cette nouvelle livraison espère répondre à votre adhésion et "donner du grain à la folie des moulins"...

Et d'abord qu'est-ce que la poésie dans ce 14e Testament ?

C'est pour Paul Antoine, l'éphémère tremblement d'une "lumière perdue", un "message" glissé "dans la lézarde du mur" nous dit Hervé Pizon, tandis que pour Cédric Lerible, c'est un "puits percé à jour". Inévitablement, c'est aussi le chant des oiseaux de Lou Milla, oiseaux qui se posent dans les arbres de Claire Ceira ou d'Ivan Dmitrieff... Pour Élisabeth Pouilly, nouvelle auteure de la revue, la poésie se présente "dans le noir", sous les traits "d'une jeune fille aux yeux clairs", comme une "lumière, déposée dans l'ombre de tout ce que nous voyons" ajoute Ivan Dmitrieff.

De là à croire que nous avons affaire à un fantôme, "ces légendes que le vent emporte" dirait Yves Misericordia, n'ayez crainte, vous en croiserez : de Don Quichotte à César, de Klimt à Warhol, ou encore de Romy à Artaud, autant d'apparitions inattendues et intemporelles. Observez attentivement les photos d'Emmanuel Rastouil, peut-être y verrez-vous une ombre, un indice ou une preuve tangible ?

Mais ce numéro de printemps à l'instar de Mü ne cesse pour autant de clamer que vous aller l'aimer, jusqu'à... "se jeter des paroles à la figure" ! Car heureusement que dans cette nuit, "la lune est parfois ronde pour nous donner une raison de vivre sur une planète imparfaite"... note Philippe Jaffeux un brin philosophe ou bien mélancolique, poète à coup sûr et pourquoi pas haïdjin ? À vous d'en juger.

 

Katsuji Makura

 

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:24

couv promoLecture gratuite!

 

 

Un mouton, deux moutons, trois moutons... « Nul n'entre ici s'il n'est géomètre »

 

Faut-il vraiment une sensibilité platonicienne pour apprivoiser ce Testament n° 13 ? Rédigé par treize auteurs qui se sont mis en quatre. Quatrième et ultime publication de l'année 2013. Le meilleur, le plus beau, le plus... ça me démange de préciser que c'est ce qui se raconte à chaque parution, et bien d'autres bavardages, mais ce serait totalement hors sujet.

 

Restons à nos mesures et aux moutons ni roses ni rosses ni noirs d'Emmanuelle Malaterre. Gambadons comme eux, page après page, dans les alpages de l'intime, et ne comptons pas sur eux pour nous aider à fermer l'oeil.

Dénombrons la topographie extasiée de Philippe Jaffeux d'un alphabet comme nous ne l'avons jamais observé. Et calculons nos pas, ou non :

Voici les évocations généreuses et teintées d'humour de Paul Antoine. Voici une double incursion en  ombre clarté fragilité, celle tracée, de Sarah Bouarfa ; celle captée, de Charlène Le Du. Voici même un méchant règlement de conte commis par Mü. Voici aussi le coeur qui accélère, les éraflures, tour à tour en apnée avec Hervé Pizon, puis en rythme avec Elleag Van Ulta. Et puis les textures précieuses élucidées par Franck Mullor. Et puis les couleurs douloureuses portées par Renaud Piermarioli.

 

A l'orée des feuilles remplies, ne craignons point les hématheux – ce sont simplement les hématomes que le cerveau risquerait de se faire en se cognant un peu fort aux aspérités des mathématiques - les auteurs ont tout prévu.  Ça me démange de préciser que Léonard de Vinci lui-même, qui calculait beaucoup, prônait également prévention et prévision, mais ce serait totalement hors sujet.

La poésie s'apprécie donc heureusement sans imaginotest, car son abus fait gravement du bien. C'est démontré CQFD dans les lignes volubiles et persuasives d'Ivan Dimitrieff, ainsi que dans la souriante perplexité d'Emmanuel Rastouil, et encore dans les réponses dessinée de Robert Agussan, qui valent mieux que de longs discours. Pour la plus grande satisfaction de mon vieux professeur de physique, pas aussi célèbre que Platon ou Léonard mais quoi !

 

Et puisque c'est mon édito et que je peux écrire (presque) ce que je veux, ça me démange de préciser une dernière jolie nouvelle. Vous avez remarqué ? L'arrivée massive d'encre féminine ! Mais oui, le Testament progresse vers la parité, mieux que les grandes entreprises, mieux que les instances politiques, mieux que la vie publique. Et tant pis si c'est totalement hors sujet.

 

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 21:54

 

Testament 12 promo OK

 

 

 

 

 

 

Prêt pour participer à une nouvelle aventure des mots? À coup sûr vous trouverez, de-ci de-là, dans le testament 12, ceux qui vous étonneront.

René Char, dans les feuillets d’Hypnos évoque, magistralement, le cheminement  du poète. Il écrit : « Il y a deux âges pour le poète : l’âge durant lequel la poésie, à tous égards le maltraite et celui où elle se laisse follement embrasser. Mais, aucun n’est entièrement défini. Et le second n’est pas souverain. »

Dans ce numéro, vous emprunterez des chemins singuliers, semés de mots dans tous leurs états : il y a ceux de Louis Manuel Matre, Mü, Pascal Leray, Emmanuelle Grangé, Ivan Dmitrieff, Paul Antoine, Cédric Lerible et Hervé Pizon. Ils sont leur liberté, la votre sera de les partager.

Ces mots, vous les trouverez cathartiques et trempés de souffrance. Vous les sentirez coulants tel un fleuve défiant la mécanique des fluides. Plus loin, ils seront  noceurs mêmes s’ils sont couchés sous une pluie d’atomes. Vous les surprendrez en effusion ou en infusion. Vous les saisirez finement tracés par le calame d’un maître de l’épure. D’autres, accouchés aux forceps, sont dotés des yeux de l’aporie regardant ébahis ceux qui ondulent en robe légère.

Alors, passés au tamis du poète, auront-ils reçu, comme l’eût dit Bachelard, une « promotion »?

Chemin faisant, vous admirerez d’autres paysages, vous fréquenterez d’autres voisinages, une transmutation des mots en collage, gravure, photographies réalisés par Emmanuelle Malaterre, Joce Jacquelin-Bourgoin, Yvan Dmitrieff.

 

Tout cela, au profit de l’art de rêver du « rêveur éveillé », art de la joie que l’homme donne à lui-même.

 

Paul Antoine.

 

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:31

Testament-11-promo.jpg

 

 

À quoi sert le poème?

À rien, si l'on se réduit à voir le bénéfice matériel qu'il concède à qui le reçoit. Est-ce à dire que le poème est inutile? Cette revue est, toute entière, une réponse claire pour le poète que je suis et ceux qui y contribuent. Parce que nous ne pouvons pas vivre sans lui: le poème est un ruisseau de vie que le poète entretient comme un médiateur dans ce monde sourd, une mémoire. Si cette source est revigorante, elle ne laisse personne indemne. Et je souhaite que tous les lecteurs, ici, se laissent transformer par le poème installé partout; dans les vers de Louis Manuel MATRE qui revisite encore ses classiques, dans les haïkus torturés de Franck MULLOR ou ceux murmurés par Katsuji MAKURA, les larmes de Lilas KWINE, les réflexions d'Ivan DMITRIEFF, l'émotion de Paul Antoine PZ, la sérénité de Cédric LERIBLE, les passions d'Emmanuelle GRANGÉ, Cécile TOULOUSE, MÜ ou Hervé PIZON, mais aussi dans les images d'un Stockholm glacé de Fabien RIGAL, les portraits singuliers de Thierry LOULÉ ou ce bout de rêve, capté dans le regard d'un ange, offert en couverture de ce numéro d'été par Philippe ODDOART. Enfin, une place est faîte à Julien PRAS, autre poète à la voix d'ange, pour une entrevue amicale.

Le poème ne sert à rien. Mais il est la vraie vie. Et la revue testament veut le clamer haut et fort et le partager avec tous, comme on offre son cœur, sur une main tendue.

 

                                                        Emmanuel RASTOUIL.

 

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 14:47

testament-10-promo.jpg

 

 

 

Gavé d’aventures, de déserts et de guerres, T.E. LAWRENCE, à qui l’on promettait les honneurs dus aux héros, se contenta d’exprimer un unique souhait, celui de percevoir sa « ration de simple humanité » qu’il pensait avoir bien méritée.

Quel magnifique dessein, aussi simple qu’inaccessible !

La poésie possède également cette qualité.

Sa vocation puise autant dans la recherche d’une impossible perfection faîte de grâce et de candeur, que dans la simplicité, la naïveté d’un assemblage de quelques mots donnés en partage.  La revue Testament tente de poursuivre cette noble quête en toute humilité.

Dans ce numéro vous trouverez un portfolio exceptionnel et encore inédit de Philippe ODDOART qui offres d’intimes souvenirs en toute amitié, comme il le fit pour le numéro 1 de la revue et je veux aujourd’hui l’en remercier grandement ; une entrevue de Catherine WATINE réalisée par Emmanuelle MALATERRE (notre « colleuse » en chef)dans un bavardage entre filles, mais en mieux ; et des poèmes, ceux d’Ivan DMITRIEFF en proie aux éléments, de Louis Manuel MATRE, un nouveau venu qui revisite le magnifique classique « Five Leaves Left » de Nick DRAKE 43 ans plus tard ; de Paul Antoine PZ qui convertit le liquide, de MÜ, Jacques SICARD, Hervé PIZON et LILAS KWINE au meilleur de leur forme.

Une « ration de simple humanité » pour chacun d’entre nous. Que nous l’ayons mérité ou pas.

 

 

Emmanuel Rastouil.

 

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 14:43

testament-9-couv-promo.jpg

 

 

 

Où sont les poètes? Qui les connait? Renseignez-moi, s'il vous plaît.

Qui les a vu fendre la foule compacte et résignée pour se placer sur le côté et regarder ailleurs? Qui les entend clamer leur fureur de vivre, leurs amours renouvelées et leur besoin de rêves? Où se cachent-ils? Sur Facebook? A la télévision? Renseignez-moi, c'est important. J'ai peur qu'ils n'aient été submergés par un tsunami, engloutis dans une tempête ou une quelconque fin du monde, et abandonné le monde à son propre sort, insensible, funeste...

En attendant, Le testament 9 vous convie à une parenthèse poétique toute hivernale (chaud dans les cœurs!) avec la douceur des haïkus de Katsuji Makura et Franck Mullor, le carnet de voyage de Mû, les miroirs de Strofka,  les bords de mer de Paul Antoine Pz, les illuminations de Yannis Sanchez, la mélancolie de Lilas Kwine, les chansons d'Hervé Pizon, une « Darc-entrevue » d'un des derniers « chanteur-héros » de sa génération, les verre(s) embués d'Ivan Dmitrieff, un collage papier d'Emmanuelle Malaterre longtemps tenu secret, l'autre féérie de Noël de Marie-Line Musset et la prose cinématographique de Jacques Sicard!

Où sont les poètes? Si vous en avez la vague idée, laissez-donc un message sur letestament@bbox.fr , nous serions comblés d'apprendre que nous ne sommes pas seuls.

 

                                                        Emmanuel RASTOUIL.

 

 

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 14:39

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testament 8 couv seule pic

 

 

 

 

 

Existe-t-il un poème masculin différent du féminin?

On a tendance à croire, à la simple prise de connaissance de l'identité du poète, que le poème revêt les mêmes caractéristiques que son géniteur. Si le poète est un homme, son poème est forcément masculin. Si le poète est une femme, on avait immédiatement perçu des détails féminins intrinsèques, et cela ne faisait pas de doute.

Pourtant, je mets au défi quiconque de reconnaître à coup sûr le sexe de chaque auteur dans le cas où les poèmes soient dénués de signature, ou si les auteurs utilisent des pseudos différents, juste pour brouiller les pistes...

Ainsi, si on se fie aux signatures des textes qui composent ce testament 8 automnal, on dira que seule Emmanuelle MALATERRE apporte avec ses collages singuliers, une touche féminine dans une foule d'écrits masculins.

Mais, est-ce bien vrai?

Quoi qu'il en soit pour ce numéro, STROFKA nous régale d'une couv' au mysticisme... scolaire! Et ses « Isopleurismes » n'auront bientôt plus de secrets pour personne. Pascal LERAY nous livre la deuxième et dernière partie du « Ruisseau ruisselant » à la beauté juvénile sidérante, Katsuji MAKURA partage la douceur d'une poignée de haïkus, Yannis SANCHEZ la noirceur des tranchées de Verdun, Jacques SICARD l'intense magie du cinéma d'ANTONIONI, Hervé PIZON la légèreté de ses poèmes/chansons, Ivan DMITRIEFF l'évidence de sa réflexion philosophique et Fabien PESTY l'humour décalé de ses histoires cinglantes.

Il me reste à vous toucher deux mots des petits nouveaux: Franck MULLOR et Paul ANTOINE PZ. Et puis non, leurs textes parlent bien mieux pour eux!

Car chaque poète est comme un univers en mouvement dont on capte l'image d'un instant à chacun de ses poèmes. Il ne peut se réduire aux caractéristiques réductrices de masculinité ou de féminité. Il est l'une et l'autre, alternativement, comme un assemblage régulier de rimes.

Alors, sachez capter cette image, ce sentiment unique qui nous rappelle encore et contre tout, qu'aujourd'hui, en 2012, il y a un poème.

 

 

Emmanuel RASTOUIL.

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 17:52

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  testament-7-visuel-1-de-couv.jpg 

 

Le testament du ruisseau contrarié

 

 

Il faudrait que le nom d'Emmanuel Rastouil soit définitivement associé à une des représentations les plus fortes, les plus émouvantes, les plus tendres du poème. Je pense encore à cette parole de Paul Celan qui définissait le poème comme un cadeau – un don – un présent. Je garderai le mot cadeau parce qu'il ne permet pas d'ambiguïté : le « don » est vite sacralisé et le « présent » nous renvoie à une métaphysique du temps qui n'est pas d'actualité dans ces lignes.

 

La poésie d'Emmanuel est effectivement quelque chose de cet ordre : des cadeaux « destinés aux attentifs ». J'ai déjà eu l'occasion de dire le bonheur que représentent pour moi les poèmes d'Emmanuel Rastouil, ce dépouillement qui seul permet l'expression d'une voix humaine, toute dans ses doutes, ses failles, ses ombres démultipliées par le poème mais aussi son amour, ses ferveurs, son enthousiasme puéril (au sens noble du mot).

 

Puis, Le Testament est venu. Née de ses mains, la revue rassemble depuis près de deux ans des auteurs de tous les horizons. Le Testament n'est pas une banale revue de poésie. Elle est un geste d'amitié, d'amour même – pourquoi se censurer ? – et d'art. L'orphèvrerie sans ostentation du poème a infléchi toute l'organisation de la revue, dont le format ample, l'équilibre des arts visuels et des pages de littérature, les partis pris sans cesse affinés, témoignent de l'attention portée au lecteur comme aux contributeurs qui trouvent dans Le Testament le plus hospitalier des havres.

 

Il va sans dire que d'être associé au Testament depuis l'origine du projet est pour moi un bonheur et une fierté se tous les jours. Ainsi, dans la distance, Emmanuel à qui je n'ai encore jamais eu l'occasion de serrer la main (autre définition du poème celanien) m'associe chaque jour un peu plus à cette belle histoire. Mais ce n'était pas encore assez.

 

Certains le savent : j'ai trop écrit. Heureusement que je suis parfois pris d'accès de destruction car j'ai eu, à une époque de ma vie qui a tutoyé le chaos, des accès de frénésie tels que j'aurais pu mourir englouti sous le papier accumulé en liasses et en cahiers ! Des premiers jours du printemps 1992 au décembre glacial de la même année, les poèmes se sont succédés en un déferlement aveugle comme s'ils avaient été ma dernière respiration. La main a fini par acquérir une certaine autonomie à ce jeu. L'expérience a pris fin quand j'ai pu la regarder aligner les mots sur le papier sans même qu'une pensée me traverse l'esprit. Le ruisseau était devenu un torrent dévastateur, fébrile, creusant son sillon à même la peau.

 

Puis, il y a eu les destructions. Le Récit ruisselant est demeuré dans son désordre natif. Incomplet à jamais. La brassée de poèmes qui composent Le récit ruisselant pourrait encore remplir un volume de 500 ou 600 pages. Je ne sais pas si la chose verra le jour mais aujourd'hui, à l'occasion de la publication du numéro 7 du Testament, ce qui est présenté est pour moi un véritable réconfort. A l'occasion, il faut le souligner, des vingt ans de cette expérience un peu pénible dont est issu le filet de voix du Récit ruisselant que les lecteurs du Testament pourront entendre d'ici peu.

 

Le choix qu'a fait Emmanuel de répondre au poème par la gravure, qui est un peu sa botte (de moins en moins) secrète, est pour moi une sorte de bénédiction. Jamais on n'avait encore offert à ces poèmes une telle chance de vie. Et moi, je souhaite que l'on sache qu'en les mettant dans les mains d'Emmanuel, ces poèmes-ci, je voulais qu'il les soigne. Il n'y a guère que lui, j'en suis convaincu, pour panser les plaies de mon avorton tiède.

 

Répondre au Récit ruisselant, c'est en effet quelque chose comme s'adresser à un enfant atteint d'une maladie incurable ou bien réchappé des atrocités d'une guerre civile. On ne sait pas bien ce qu'il y a derrière les yeux et derrière les silences de l'enfant.

 

Mais nos enfances se connaissent. Nous avons sans doute, en un autre espace-temps, les mêmes cours de récréation, Emmanuel et moi. Nous y avons nos billes multicolores, nos cachettes, nos trésors enfouis, nos ennemis et nos alliés imaginaires. C'est pourquoi je n'avais aucune inquiétude en lui confiant le poème blessé. Il saurait lui parler.

 

L'évidence de ces gravures naît en effet dans la permanence, la fixité atone et qui semble traduire une dureté de roc, du regard d'un enfant qui ne veut pas ou ne peut pas mourir, malgré toutes les désolations, malédictions, condamnations... Le poème avait-il pour mission d'accompagner, l'enfant, de le défendre comme ferait un talisman ou simplement de lui permettre de marcher, même sans chemin ?

 

Ces gravures sont au poème ce que le poème aurait dû être pour l'enfant. Mais contrairement au poème qui n'aura pu préserver que des bribes de voix déformée par le temps et autre chose, la gravure porte le poème jusqu'à nous, aujourd'hui, et témoigne que non, l'enfant peut-être n'était pas irrémédiablement perdu.

 

Pourtant le langage du Récit ruisselant est un langage globalement incompréhensible. Lui répondre, c'était tout autre chose qu'une gageure. Il fallait – je ne vois pas d'autre image – une douceur de mère pour entendre les fragilités de la parole qui tentait d'émerger dans ces poèmes et pour leur rendre une image visible

 

Il fallait une patience infinie de même pour parvenir à déduire des mots enchevêtrés et déroutés du Récit ruisselantun univers de formes qui accompagneront désormais pour toujours l'enfant sur son chemin un peu navrant et pathétique mais parfois, il faut en convenir, difficile à plaindre – comme peuvent l'être les enfants tourmentés et méchants amenés très jeunes à rédiger leur premier testament.

 

Je laisse à d'autres le soin de dire ce qui, dans le geste d'Emmanuel, tient plutôt de l'art ou de l'amitié. Je veux lire dans son art – aux singuliers équilibres, tellement plus doux et bienveillants que le poème qui les a inspirés – une matière secrète qui ne se rencontre que dans la conscience de l'amour – aux antipodes des images convenues et univoques qui s'associent généralement à ce mot – que porte le poème.

p.l.

 

13 mai 2012

 

 

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 22:17

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testament-6-couv-jpeg.jpg

 

 

On a beau dire, on a beau faire, les saisons passent sans se ressembler. Le Testament qui vit son second printemps, s'attache à reserrer les rangs autour de son noyau dur d'auteurs et d'étoffer sa parure pour vous paraître encore plus désirable.

 

Ainsi, Yves Misericordia, Fabien Pesty, Pascal Leray, Hervé Pizon et Jacques Sicard battent un fer encore chaud, tandis que Cécile Toulouse, Strofka, Emmanuelle Grangé et Babel font un retour plutôt inspiré! Yannis Sanchez et Mü se fendent d'une pointe de mélancolie. Autour d'eux, Emmanuelle Malaterre fait défiler sa liberté et ses radis en couleur de saison relayés par le bestiaire insectophile des gravures de Robert Agussan, membre du collectif toulonnais encreD'art.

 

L'invité du trimestre, c'est Novö, duo toulousain de Pop électronique à la poésie suave et envoûtante qui répond avec sincérité à notre désormais culte "Questionnaire". L'occasion d'apporter une dimension musicale à la revue, par le biais d'un lien vers quatre titres offerts en cadeau à nos lecteurs. Dans l'axe Toulouse/Lille, vous pouvez même vous amuser à retrouver "qui est qui?"...

 

Tout est fait, quoi qu'il en soit, pour vous réserver un espace de liberté où l'évasion et le rêve restent permis. Et la parure, me direz-vous? On a soigné le papier et privilégié le noir et blanc pour un emballage repensé par Philippe Oddoart, ami photographe de la première heure.

 

A l'heure où toute vie renaît, Le Testament, c'est le poème de la vie!

 

 

Emmanuel Rastouil. 

 

 

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Emmanuel Rastouil

Les Orangers A

rue Van Gogh

83130 LA GARDE

 

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