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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 17:02

Quand elle mijotait au coin de la cuisine,
Lentement, à feu doux, et sur son poële ancien,
Son petit sifflement ne payait pas de mine
Mais l'on savait déjà que l'on mangerait bien.

On la savait dormante au fond de sa marmite,
Exhalant les senteurs des légumes du jour.
On disait de Mamie : "elle a bien du mérite",
Elle nous répondait : "j'ai surtout de l'amour".

La vieille table en chêne avec sa nappe blanche
Commençait à l'attendre en fin d'après-midi ;
A coup sûr elle était au pistou le dimanche,
La soupe de poissons, c'était le vendredi.

Elle avait tout le temps cette petite touche
De saveur provençale ; elle mettait du coeur
A réchauffer les corps à chaque coup de louche :
C'était simple, c'était simplement le bonheur.


                            *


La soupe de Mamie était inimitable,
Elle sentait ce temps qu'on appelle autrefois ;
Personne ne saura, ni ne sera capable
De concocter pareil breuvage au feu de bois.

La soupe de Mamie, elle est bien la dernière
A pouvoir se vanter, et cela sans mentir,
Que celle qui l'a faite est une cuisinière,
Qu'elle était naturelle et qu'elle a fait grandir !

La soupe de Mamie ? Ah ! Quelle longue histoire !
Quelle odeur agréable à l'heure du repas !
Dire que le passé nourrit cette mémoire
Et que notre avenir ne la connaîtra pas !

La soupe de mamie ? Un très grand héritage !
Un trésor millénaire offert par nos aïeux
Qui comme le patois, comme le tricotage
Hélas sera perdu quand partiront nos vieux.


19 Avril 2007

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