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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 11:36

Tandis que les moteurs tournent à plein régime
Dans l'atroce concert du bruit indifférent,
A chaque pas de plus, cette foule anonyme
Se dévisage en s'ignorant.


Elle marche, elle croise et recroise, elle passe
Et repasse les fils de son immensité
Mais tout ce remuement énorme qu'elle brasse
Est comme atteint de cécité.


Aucun son, aucun mot qui ne sort de sa bouche
Mais toujours la fumée effroyable qui tord
Les narines, la gorge et vient y prendre souche
En la serrant un peu plus fort.


Là, ce boulevard noir de monde mais inerte
Est un long récital muet de bout en bout ;
Là, cet arrêt de bus est une tombe ouverte
Aux mourants qui tiennent debout.


A chaque coin de rue, un monstre de silence,
A chaque angle d'immeuble, un spectre de douleur,
Plusieurs milliers de corps font son inconsistance
Et font élargir son ampleur.


L'hiver froid n'est pas fou, l'été chaud n'est pas dupe,
Les cadeaux du premier, les maillots du second
Savent qu'après cela, personne ne s'occupe
De ceux et celles qui s'en vont.


Derrière les passants, la foule qui s'exsangue
Enfermant dans son cœur le vacarme des pas ;
On dit les mêmes mots dans une même langue
Mais l'on ne communique pas.


 

3 Juin 2007

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